LES CLOCHES DE L'ÉGLISE SAINT-OURS...

Nous vous proposons de découvrir l'historique du clocher de l'église Saint-Ours.

Tout d'abord revenons sur l'utilité d'un beffroi, plus communément appelé "un clocher".

 

LE BEFFROI:

Le beffroi est la charpente des cloches.

Il est généralement en bois, ou en fer. On en trouve aussi en fonte, voire en ciment armé.

Autrefois les beffrois étaient toujours en bois. Puis, pendant un certain nombre d'années, le fer fut à la mode. Aujourd'hui on semble bien revenir de cet engouement.

Tout d'abord les beffrois en bois présentent cet avantage, non négligeable, d'être moins chers (en général, économie d'au moins 30 %). De plus, les cloches s'y comportent mieux, et l'installation en est plus facile.

Faut-il ajouter qu'un beffroi en bon bois de chêne, passé au carbonyle ou à la peinture, peut défier les injures du temps tout aussi bien qu'un beffroi en fer 

Il est vrai qu'on a préconisé l'emploi du fer comme moyen d'éviter la chute des cloches, en cas d'incendie du clocher. La réalité n'a pas souvent répondu à cette attente.

On a pu constater que, sous l'action de la chaleur, sous le poids des débris provenant de la chute de la flèche, les fers des beffrois se tordent, se disloquent et finissent presque toujours par céder.

Il n'en reste pas moins que dans un cas particulier on aura avantage à employer le fer: c'est lorsque l'espace sera restreint, et pour gagner de la place.

 

LES FENÊTRES:

 Il importe de donner aux fenêtres des dimensions convenables.

En principe, les cloches au repos doivent avoir l'extrémité inférieure de leur battant à environ 30 à 50 centimètres au-dessus du seuil des fenêtres.

Lorsque les cloches sonneront à toute volée, elles dépasseront un peu l'horizontale. Il faudra qu'alors leur bord supérieur soit encore en face des ouvertures.

Si d'une part le nombre des cloches est tel, si d'autre part les dimensions horizontales de la chambre des cloches sont telles qu'il soit nécessaire de faire un beffroi à deux étages, la condition que nous venons de rappeler à l'alinéa précédent, doit naturellement s'entendre pour les cloches de l'étage supérieur.

Les fenêtres, nous venons de le dire, doivent être suffisamment hautes; elles doivent aussi n'être pas trop étroites. Il ne faut pas oublier que parfois l'ascension des cloches devra se faire extérieurement; dans ce cas tout au moins les fenêtres devront être assez larges pour laisser passer les cloches. Dans ce cas également, il ne faudra pas craindre de donner aux fenêtres une certaine hauteur, pour qu'il puisse être établi un petit échafaudage portant le palan ou la moufle servant à hisser les cloches.

Quand les cloches seront placées sur un beffroi à une seule voie, il conviendra d'établir une fenêtre centrale sur chaque face. Quand le beffroi aura deux ou trois voies, il sera préférable de faire des fenêtres géminées.

 

LES ABAT-SONS:

La raison d'être des abat-sons, c'est la protection de l'intérieur du clocher contre la pluie ou la neige. Les abat-sons devront donc nécessairement répondre à cette première condition, mais aussi — et on est assez porté à l'oublier — ils devront être construits de telle façon qu'ils ne nuisent pas à la propagation du son.

La disposition conseillée par les constructeurs:

  1. inclinaison des lamelles à 45°;
  2. intervalle libre de 8 à Io centimètres entre le dessus d'une lamelle,et le dessous de la lamelle immédiatement supérieure.

 

PLAFOND DE LA CHAMBRE DES CLOCHES:

Est-il utile d'établir un plafond au-dessus de la chambre des cloches. A cette question, nous répondrons affirmativement.

Les avantages que présente un plafond au-dessus de la chambre des cloches sont de deux sortes :

littéralement couvertes de la fiente de ces animaux. Le bon fonctionnement des cloches en souffre, en bronze,  et l'inconvénient sera encore plus sensible quand depuis maintenant quelques décennies la sonnerie des cloches est alimentée électriquement, et numériquement. Cette modernisation ne s'accorde pas vraiment avec la fiente des volatiles. 

Il va sans dire que ce plafond de la chambre des cloches sera simplement en planches, et pourra être enlevé rapidement, quand besoin sera.

Il sera toujours d'une très grande utilité de placer à deux ou trois mètres au-dessus des cloches, dans toute la largeur du clocher, une pièce de bois ou de fer, prenant dans les murs. Cette pièce sera en travers du sens du balancement des cloches. Elle servira à l'amarrage des moufles ou des palans non seulement pour l'installation des cloches neuves, mais plus tard encore chaque fois qu'il y aura besoin de soulever les cloches pour des réparations aux accessoires..., etc.

ESCALIER D'ACCES AUX CLOCHES:

Gardons-nous d'oublier que les cloches avec leurs accessoires constituent des mécanismes et que, comme telles, elles doivent faire l'objet d'une certaine surveillance et d'un certain entretien (serrage des écrous, graissage des coussinets, des battants..., etc.).

Il est donc nécessaire que l'accès des cloches soit facile et sans danger.
L'escalier du clocher de La Frette est atypique, en effet, il est rare de voir ce type d'escalier en colimaçon en fer forgé très sculpté, dans la région.

 

 

LES CLOCHES...

Elles sont au nombre de trois, de différentes dimensions, perchées sur un châssis métallique.

 

LA PLUS GRANDE:

La plus grande donne l'heure, d'une envergure de 112cm, à comme note un "FA 4", fondue en 1910 par la célèbre Maison Paccard à Annecy-Le-Vieux.

Elle se prénomme: Hélène-Armande-Jeanne-Etiennette-Claude.Son parrain est Édouard De La Villardière à qui elle appartient.

Ma marraine Louise De La Villardière Née D'Ussel.

 

LA MOYENNE:

La deuxième cloche d'une envergure de 80cm, à comme note un "DO 5". Comme l'indique l'inscription, cette cloche est une refonte de l'ancienne cloche de 1786.

La refonte date donc de 1910, par la Maison Paccard à Annecy-Le-Vieux.

Lors de la première coulée de 1786, Ses parrain et marraine Furent Claude Paris et Cécile Fournier son épouse.

La bénédiction en 1786 fut présidé par le curé de la paroisse Étienne Ravarin.

Lors de la refonte de 1910, mon parrain est Louis Bayle et ma marraine, Lucie Grillat.

Armand De La Villardière étant Maire de la commune de La Frette.

Paul-Emile Henry Évêque, et Alphonse Bardin curé de la paroisse.


LA PETITE:

La troisième cloche, la plus petite, d'une envergure de 46cm, sonne l'Angélus à 7h05, 12h05, 19h05. A comme note un "La 4".

Egalement fondue par la Maison Paccard à Annecy, date quand à elle de 1920.

Elle se prénomme: Claude Henriette.

à pour parrain: Henri Coffy et pour marraine: Claude De La Villardière.

L'indication des heures, l'annonce d'évènements majeurs, d'un décès (le glas), les cloches de l'église Saint-Ours sonnent à la volée toutes les trois et rythment le quotidien des riverains du petit village de La Frette.

L'HORLOGE ET SON MÉCANISME...

 

La petite histoire:

 

Dans la nuit du 10 janvier 1906, un incendie se déclare et détruit entièrement le clocher.

M. Jean Naëf, Frettois de souche décédé en 2014, aimait rappeler que sa mère, Marie-Hélène Jayvaud, alors âgée de 10 ans, avait assisté depuis chez elle à l'embrasement total du clocher et à son effondrement, entraînant la chute vertigineuse des cloches et du mécanisme de l'horloge.

Les causes du sinistre demeurent obscures. Celui-ci se déclare dans la nuit suivant des funérailles.
Y a-t-il un lien ? La rumeur alla bon train dans le village.

La population resta atterrée!

Très rapidement, dès juillet 1906, la municipalité de La Frette, sous l'égide de son maire M. Armand de La Villardière, délibère en vue de la reconstruction du clocher et de l'installation d'une horloge.

M. A. Paulin, horloger à Grenoble, se voit confier l'exécution des travaux.

Le clocher, dont la flèche octogonale en tuf est flanquée à sa base de quatre pyramidions, est doté de deux cadrans horaires : l'un face nord, l'autre face sud.

 

Le clocher, dont la flèche octogonale en tuf est flanquée à sa base de quatre pyramidions, est doté de deux cadrans horaires : l'un face nord, l'autre face sud.
Aujourd'hui, le clocher a conservé l'ancien mécanisme d'horlogerie datant de 1906 (mouvement L.D. Odobey Cadet à deux corps de rouage).

 

Ce mécanisme, dans son meuble en bois d'époque, a été conservé en parfait état avec tous ses accessoires.

Il constitue une pièce de patrimoine tout à fait remarquable.

Cette horloge de 1906 a été installée à la suite de l'incendie du clocher et a donc remplacé l'ancien mécanisme, déjà installé à l'époque par la Maison Paulin de Grenoble en 1873.

Ce mécanisme est resté dans son état d'origine depuis sa mise en léthargie lors de l'électrification des cloches en 1967, et occupe la chambre située juste en dessous des trois cloches.

 

Mouvement L.D. Odobey Cadet à 2 corps de rouages  du mécanisme d'horloge.

Cadran d'horloge datant de 1906 restauré en 2023. 
(vue de l'arrière du cadran, se situant au dessus de la chambre des cloches, dans la flèche du clocher, face au château).

Cadran (côté sud) en plastique datant des année 70, malheureusement d'aucune valeur patrimoniale. Il se situe également au dessus de la chambre des cloches, dans la flèche du clocher, face au village.